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Les députés ont adopté, hier, le projet de loi N°19/2009 portant création de l’Office du Lac de Guiers. Cette autorité aura désormais en charge la gestion des eaux de ce lac qui fournit près de 50% de l’eau distribué à Dakar. D’une longueur de 50 kilomètres sur 7, le Lac de Guiers se trouve à cheval sur les régions de Saint-Louis et de Louga.
D’un cubage variant entre 300 millions à 600 millions de mètres cubes, il fournit près de 50% de la consommation en eau dans la capitale. Selon le ministre d’Etat, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, de la Construction et de l’Hydraulique, la gestion et l’utilisation durable du Lac se pose toujours avec acuité, eu égard d’une part à la montée en puissance de la demande pour des usages plus diversifiés et d’autre part aux risques de pollution et à l’utilisation anarchique de l’espace environnant.
D’après Oumar Sarr, « l’Etat du Sénégal accorde beaucoup d’intérêt à la maîtrise et à la gestion des ressources nationales en eau, en particulier celles du Lac de Guiers qui constitue l’une des plus importantes réserves d’eau douce et joue un rôle prépondérant dans le processus de développement économique du pays ».
C’est fort de ce constat, précise-t-il, que les autorités sénégalaises ont senti la nécessité de faire de la gestion du Lac une priorité nationale.
Avant de voter le projet de loi, les députés, à l’image de Oumar Khassimou Dia, Abdourahmane Sow, Khadim Tabet ont fait avec le ministre d’Etat le tour de la question. Ils se sont surtout intéressés à « la pollution du Lac par la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) », la revitalisation des vallées fossiles, la personnalité juridique de l’office.
En vue d’une gestion opérationnelle et efficace du Lac, Oumar Sarr a soutenu qu’il s’agit de définir une politique de gestion intégrée des ressources en eau qui prend en compte l’exigence de la concertation et de l’utilisation rationnelle du Lac et de ses environs ; d’instituer une autorité chargée de coordonner et de mettre en œuvre cette politique et d’assurer le monitoring pour une prise en main de sa gestion ; d’élaborer un plan d’une gestion intégrée et durable des ressources et de l’environnement du lac, sur la base d’une approche participative, multisectorielle et endogène ; de créer une véritable organisation de la gestion de l’eau avec des procédures pour clarifier les rôles. Il s’agit, à en croire le ministre en charge de l’Hydraulique de « prendre les mesures réglementaire pour préciser la qualité des eaux ».
L’Office aura comme mission la planification et la gestion des eaux du Lac, ainsi que la programmation des investissements, la maîtrise d’ouvrage, la conception et le contrôle des études et des travaux portant sur des infrastructures relatives à la gestion du plan d’eau, l’exploitation et la maintenance des équipements, le suivi qualitatif et quantitatif des ressources.
Vers une concession totale pour la distribution de l’eau
D’après Oumar Sarr, l’Etat entend mettre en œuvre une politique hardie de contrôle, de suivie et de protection de la ressource dont la pérennité est tributaire d’une gestion rationnelle et efficiente impliquant l’ensemble des acteurs concernés, notamment les ministères techniques, les collectivités locales, le secteur privé ou encore les populations.
La dotation budgétaire annuelle de l’Etat, la redevance ou les taxes collectées par les services publics de l’eau et de l’assainissement et les produits de l’exploitation, seront, entre autre, les ressources de l’Office.
Par ailleurs, le ministre d’Etat est revenu sur le Projet sectoriel eau (Pse), le Projet eau à long terme (Pelt) et le Programme eau potable pour le millénaire (Pepam).
Des financements respectifs de 120, 80 et 600 milliards Fcfa sont attendus pour la fourniture en qualité et en quantité de l’eau.
Oumar Sarr est aussi revenu sur la politique étatique en matière d’eau, notamment le contrat entre la Sde et l’Etat du Sénégal qui arrivera à terme en avril 2011. D’après lui, celui-ci ne sera pas renouvelé. C’est un appel d’offres ouvert qui sera lancé, soutient Oumar Sarr, selon qui la personne morale qui aura en charge ce secteur bénéficiera d’une concession totale. Outre la distribution, elle sera obligée de faire des investissements.
Un nouveau Code de l’eau
L’ancien Code de l’eau date de 1981. « Nous sommes en train de réécrire le Code de l’eau », a dit le ministre d’Etat qui répondait aux interrogations de Tafsir Thioye et de Doudou Wade. Ils plaidaient en faveur d’une « Loi sur l’eau pour sa gestion totale ».
« Un Domaine public de l’eau à l’image du Domaine public maritime (...) afin d’avoir une eau abondante, durable et de bonne qualité », a dit Doudou Wade. Le ministre d’Etat est revenu aussi sur le Fonds nordique qui a permis de « connecter 40 villages » près du Lac. Il est aussi revenu sur la revitalisation des vallées fossiles. « Cela demande des moyens. Nous allons à nouveau réfléchir sur la question », a-t-il promis.
Aly DIOUF |